Fabienne Vial
Psychologue Clinicienne conventionnée à Allauch
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Fabienne Vial, Psychologue clinicienne à Allauch

Le TOC de couple , c'est quoi ?

04 Mai 2022 Fabienne Vial

 

Pensées intrusives obsessionnelles et ruminations au sujet de votre relation de couple ou de votre partenaire.

Cela vous obsède  pendant plusieurs heures par jour et provoque en vous un état d'anxiété elevé à très élevé et un mal être (crises d'angoisse, pleurs, rejet de son partenaire, symptômes depressifs, forte irritabilité...).

Certains sont également victimes de phobies d'impulsion à type de peur de subitement tomber amoureux(se) d'une autre personne, ou de tromper subitement son partenaire.

Afin de soulager cette anxiété, vous vous sentez obligé de manière répétitive de chercher des informations sur ce qu'il vous arrive, sur la notion d'amour ou de couple, à interroger vos proches ou encore à vouloir quitter votre partenaire ou à éviter des lieux, des personnes, des films pour ne pas ressentir d'angoisse.

Vous allez sur internet de manière compulsive à longueur de temps pour lire tous les forums, trouver des cas similaires, pour vous comparer mais cela vous apaise temporairement pour recommencer à nouveau.

Aussi la culpabilité d'avoir ces pensées, le doute obsessionnel,nourrissent le cercle vicieux du toc.

Les troubles obsessionnels compulsifs font partie des troubles anxieux et sont largement connus du grand public mais les obsessions idéatives sans compulsions physiques  le sont  moins.

Les personnes atteintes se retrouvent  souvent mal prises en charge car ces pathologies ne sont pas encore assez reconnues et bien traitées par les thérapeutes en psychothérapie qui ont tendance à voir un problème réel dans la relation au lieu de se concentrer sur l'aspect TOC.

Cela peut donc aggraver la santé mentale du patient en augmentant les sujets de ruminations car certains thérapeutes, notamment en psychanalyse, peuvent amener le patient à ruminer lorsqu'ils cherchent l'origine du trouble.

Les rituels des tocs ne sont pas du même ordre que ceux qui consistent au lavage de mains, au grand nettoyage des peurs de contamination, on parlera ici de pensées neutralisantes ou de compulsions de vérifications mentalesd'évitement et de réassurance.

Le TOC s'est fait reconnaitre notamment grâce aux études faites par le Dr Guy Doron (spécialiste du rocd) ou le Dr Steven Philippson  (spécialiste des pure o) ainsi le terme ROCD est l'abréviation anglaise pour définir le trouble : Relationship Obsessive Compulsive Disorder.

Traduit en français par "Trouble Obsessionel Compulsif sur les Relations".

Ce toc peut impacter la relation de couple mais également la relation parent/enfant, la relation avec vos animaux de compagnie ou votre relation à Dieu.

Obsession sur la relation:

L'obsession sur la relation est basée sur plusieurs points

  • Doutes obsessionnels
  • préoccupations intenses sur la relation
  • Vérifications multiples (Site internet, questionnement auprès de notre entourage...) dans le but de se "réassurer"

La réassurance est le fait de chercher la présence d’un objet ou d’une personne permettant d’affronter la situation phobogène (objet contraphobique)

  • les sentiments à l'égard du partenaire
  • les sentiments du partenaire à votre égard
  • L'évaluation personnelle de la légitimité de la relation
  • 1. les sentiments à l'égard du partenaire

    Les pensées du type "Je me teste continuellement pour savoir si je ressens des sentiments à l'égard de mon partenaire"
    Cependant à vouloir ressentir quelque chose qui est physique en intellectualisant la chose, vous vous coupez des émotions.

  • 2. les sentiments du partenaire à votre égard

    Les phrases du type "Je doute continuellement des sentiments de mon partenaire à mon égard", "m'aime t'il?" "N'est il pas avec moi par défaut?"
    Le manque de confiance en soi peut engendrer ce type de pensée qui peut dégénerer sur une jalousie excessive, un besoin crucial de vérifier tous ses faits et gestes (son téléphone, son ordinateur, ses contacts etc)
    J'appelle cete partie là "le toc inversé" car on ne doute plus de soi mais de son partenaire.
    Des pensées intrusives se déclenchent sur les comportements de son conjoint, des besoins compulsifs de vérification, de fouiller (ou de vouloir fouiller), des fixations sur ses ex petit(e)s ami(e)s etc...

  • 3. L'évaluation personnelle de la légitimité de la relation

    Les phrases du type "je vérifie sans cesse si je suis bien avec la bonne personne", "est on vraiment fait pour être ensemble?", "la relation est elle normale?"
    Ces pensées vont nous inciter à nous réferer aux couples que l'on voit autour de nous en commencant par nos parents et nos amis.
    La tendance va être qu'à chaque rupture autour de nous cela impacte notre vision de notre couple mais également en cas de réconciliation de nos couples d'amis ou de nouveaux couples.

  • Les précédentes recherches ont indiqué que les personnes souffrants de toc avaient contrairement à l'ensemble de la population, des perturbations dans le fonctionnement relationnel y compris la faible probabilité de mariage et l'augmentation des troubles maritaux.
    (Emmelkamp, de Haan, & Hoogduin, 1990; Rasmussen & Eisen, 1992; Riggs, Hiss, & Foa, 1992).

    Les trois dimensions du trouble ont été mises en avant en 2012 par DORON à travers son oeuvre : "Relationship-Centered OC symptoms" Doron et Al
     

    Dans une deuxième étude, Doron et Al., (2012) a réetudié le trouble sur la relation et a mis en lien les phénomènes de TOC centrés sur la relation, les symptômes et cognitions sur les TOC, les effets négatifs, la baisse du respect de soi et les différentes variables de relation comme l'insécurité de la relation (peur de l'abandon par exemple ).
    Ses découvertes ont montré les associations positives entre les résultats du toc sur la relation et ces mesures théoriques.
    De plus, le trouble sur la relation a significativement engendré une insatisfaction sur la relation associée à la dépression en plus des symptômes type TOC, peur de l'abandon etc..

  • L'obsession  est sur le partenaire :

  • Doutes obsessionnels
  • préoccupations intenses sur les qualités/défauts du partenaire
  • Vérifications multiples (Site internet, questionnement auprès de notre entourage...) dans le but de se "réassurer"
  •  La réassurance est le fait de chercher la présence d’un objet ou d’une personne permettant d’affronter la situation phobogène (objet contraphobique)

    Ce trouble tourne autour de six dimensions :

  • Apparence physique
  • Sociabilité
  • Valeurs et moral
  • Stabilité émotionnelle
  • Intelligence
  • Compétences
  • . Apprence physique

    Le tocé va focaliser sur les défauts physiques du partenaire : "il est trop mince", "il est trop gros", "il n'a pas une belle peau", "il ne sent pas bon"...

    La focalisation va entrainer une "sorte" de dégout à l'égard du partenaire.

  • .Sociabilité

    Le tocé va se focaliser sur la sociabilité du partenaire "il a trop d'amis", "il n'a pas beaucoup d'amis", "il parle trop facilement aux gens" ou bien "il ne parle à personne"...

  • 3.Valeurs et moral

    Le tocé va remettre en cause les valeurs du partenaire et douter de la compatibilité des valeurs du partenaire avec les siennes dans la construction d'une relation à long terme.

  • 4. Stabilité émotionnelle

    Le tocé va remettre en cause la maturité émotionnelle du partenaire "il n'est pas prêt à s'engager", "il n'est pas assez mur pour envisager une relation stable"...

  • 5. Intelligence

    Le tocé va remettre en question l'intelligence du partenaire et focaliser sur toutes les phrases que pourra dire son partenaire justifiant qu'il n'est pas assez intelligent ou brillant pour avoir une relation avec soi.

  • 6. Compétences

    Le tocé va remettre en question les compétences de son partenaire sur tous les domaines et notamment professionnels "il n'a pas d'ambition", "son travail n'est pas valorisant", "il n'a pas un travail interessant" etc...

  • L'ensemble de ces remises en causes va entrainer un éloignement avec le partenaire et entrainer le doute sur la viabilité du couple.
    Les questionnements ne sont pas exhaustifs, d'autres questions peuvent intervenir sur un schéma différent mais toujours sur les mêmes thèmes.
    Le tocé focalise uniquement sur les défauts du partenaire, comme un besoin irrépréssible de "perfection" et ce même si le partenaire correspond "réellement" aux attentes.
    Le questionnement perpetuel et le doute vont accentuer la mise en avant de défauts "imaginés" et non "réels".

    Il est très interessant de noter que DORON et Al en 2012 a mis en avant une "hyper attention" à l'égard du physique de son partenaire, rappelant une forme de "dysmormophobie" mais à l'égard du partenaire.

    Définition de la dysmormophobie : Préoccupation exagérée manifestée par quelqu'un au sujet de l'aspect disgracieux de tout ou partie de son corps, que cette crainte ait un fondement objectif ou non.

  • La phobie d’impulsion est caractérisée par une obsession –donc une pensée qui s’impose à l’esprit que le sujet s’évertue à chasser.

    C’est un symptôme qui intègre très souvent le diagnostic de trouble obsessionnel compulsif. La pensée angoissante se traduit par la crainte obsédante et irraisonnée de commettre un acte dangereux pour soi-même ou pour autrui ; c’est également la crainte de commettre un acte contraire à ses valeurs, à ses envies ou à ses principes. Il peut s’agir de la peur d’avoir envie de tuer, de hurler, de violer, d’intenter à la vie de son enfant ou à la sienne, de sauter sur un inconnu en le rouant de coups, de se dévêtir…

  • Et dans le toc du couple?

    La phobie d’impulsion est relativement présente dans le ROCD -ou TOC du couple- et elle prend une forme inédite. Le ROCD se caractérise par la peur de ne plus aimer son conjoint ou sa conjointe, mais aussi par la peur de ne plus être aimé… Cette crainte devient obsessionnelle, elle est assortie de pensées neutralisantes –ou ruminations- dans lesquelles s’enlisent les patients : se prouver par a+b que l’on aime son ami, tenter de ressentir de l’amour ou de l’envie -en se projetant ou en étreignant l’être aimé-, se rassurer auprès de sa compagne ou de son compagnon…  

    Cela est peu connu, néanmoins, la phobie d’impulsion est récurrente en cas de ROCD et voici par quoi elle se traduit :

  • Il est fréquent que la personne en proie au TOC du couple soit sujette à la crainte irraisonnée et irrationnelle de quitter l’être aimé sur un coup de tête ! comme s’il était possible de ne plus aimer brusquement, sur un coup de folie. Cette crainte peut atteindre des zones stratosphériques en termes d’angoisses, jusqu’à l’attaque de panique (isolée du trouble panique).
     
  • Un autre exemple de phobie d’impulsion de type ROCD est la peur soudaine et irraisonnée de sauter sur un inconnu en vue de l’embrasser ou de s’adonner à des actes sexuels avec lui ! comme si l’envie devenait irrésistible et que la personne s’affranchissait de toute retenue, de tout principe… Celle-ci peut aussi se caractériser par la peur de tomber amoureux d’un passant ou d’une passante ! Le sujet ne passe jamais à l’acte, mais il est saisi d’effroi dans une sensation d’imminence de l’acte redouté.
     
  • Aussi, la crainte soudaine de poignarder ou d’étouffer son conjoint ou sa conjointe est souvent relatée. La personne se saisirait d’un couteau sur un coup de folie afin de se débarrasser de l’objet anxiogène : l’être aimé ! Bien entendu, il ne s’agit que de pensées intrusives et le passage à l’acte est nul en cas de diagnostic de TOC ; cependant, l’impression est criante de vérité et l’individu se sent dépossédé de son discernement. Il n’en est rien, bien heureusement…
  • Il est également possible de souffrir de phobies d’impulsion dans le du HOCD –ou la crainte obsédante d’être homosexuel- et des nombreuses obsessions idéatives que l’on n’évoque jamais. Une obsession idéative est très proche d’une obsession impulsive (ou phobie d’impulsion), la frontière est très mince et les stratégies de réassurance sont similaires : l’évitement, la rumination, la compulsion.

    Les outils thérapeutiques qui ont prouvé une efficacité en matière de phobies d’impulsion relèvent de la thérapie cognitive et comportementale : l’assouplissement des postulats de « croyance », l’exposition par imagination ou flooding, l’exposition avec prévention de la réponse (le lâcher-prise), la méditation pleine conscience, l’exposition in vivo.

  • Réassurance = compulsion

    A première vue la réassurance est un mot qui a des sonorités positives. On se rappelle de nos proches qui nous rassurent quand on va mal, d'un docteur qui nous rassure, voire même du doudou de notre enfance. Dans le cadre du toc, la réassurance est en réalité un fruit empoisonné, à première vue agréable mais en réalité toxique pour l'obsessionnel.

    Qu'est ce que la réassurance ?

    Il s'agit du fait de chercher un réconfort extérieur sur une idée intérieure. On cherche un point d'ancrage sur lequel se reposer, qui viendra de quelqu'un d'autre, d'Internet ou autre. Rechercher la réassurance, c'est s'adonner à la compulsion de son toc du couple.
    Cela nourrit le toc, qui fonctionne par boucle d'obsession (ce qui nous pousse à chercher la réassurance) puis de compulsion (vérifier et/ou chercher la réassurance).
    La réassurance excessive, implique le besoin de vérifier avec un proche (voire même quelqu'un qui ne l'est pas...comme les forums ou groupes d'échanges), et ce de manière continuelle pour s'assurer que tout va bien, que tout est normal par rapport à une obsession, une inquiétude précise.
    Les demandes de réassurance excessives augmentent souvent lorsque le niveau d'angoisse est élevé et/ou quand la personne se sent incapable de tolérer l'incertitude.

    Quelle forme prend la réassurance ?

    Elle peut exister sous différentes formes.
    Il existe les classiques,

  • La comparaison : "Est ce que vous aussi ça vous fait ça?", "Est ce que vous aussi vous connaissez ces symptômes?"
  • La norme : "Est ce que c'est normal de ressentir ça?", "Est ce que c'est normal que je ne pense pas ça/ que je pense constamment à ça?"
  • Les questionnements existentiels : "Je me demande si je ne serais pas un(e) phobique de l'amour/si je ne suis pas dépendant(e) affective/si l'origine de mon toc ne viendrait pas nos parents/d'un traumatisme, qu'en pensez-vous?"
  • La projection : "Ah bon tu as pensé à/fait ça toi aussi? Comment ça s'est passé. Tu peux me raconter ton histoire? Comment a-t'il/elle réagi? Est-ce que tu te sens soulagé(e)? Tu es guéri(e)? Comment as-tu guéri?" (ici l'obsessionnel cherche en fait à compulser sur ses ruminations en utilisant l'histoire d'une autre personne, il projette ses obsessions sur l'autre)
  • La vérification : "Tu penses que je l'aime? Tu penses qu'il/elle est beau? Tu penses qu'il/elle est intelligent? Qu'on est fait pour être ensemble?"
  • La première chose à faire : ne répondez pas à sa question. Si vous répondez "moi aussi je fais souvent l'expérience de cette situation, j'ai souvent ce sentiment" ou "je n'ai jamais vécu cela, je n'ai jamais ressenti ou pensé à cela", voir encore "je pense que c'est normal/anormal de ressentir cela", "je pense que tu l'aimes / que tu devrais rompre", "je pense que le toc ne vient pas de ton traumatisme d'enfance / qu'il vient de ton traumatisme" etc, ces réponses peuvent soit rassurer la personne (mauvais) ou le faire ruminer de plus belle et angoisser.

    1) En répondant par la négative, vous allez générer de fortes angoisses chez l'obsessionnel "ah bon tu crois que je ne l'aime pas? ça m'ennuie que tu dises cela, je suis très angoissée. Tu crois que je devrais rompre? Mais je ne veux pas ! je ne pense qu'à ça maintenant !"

    2) Si vous répondez par la positive : vous nourrissez son toc.
    Le toqué(e) sera satisfait pendant un court moment. La question va revenir l'obséder, et il vous reposera la question, cela peut durer des heures ou des jours et tourner en boucle...Ou bien, il se satisfera de la réponse et reviendra vers vous au moindre problème.
    Cela génèrera par la suite de nouvelles pensées, de nouveaux doutes sur d'autres sujets (par ex le partenaire toquait sur ses sentiments, cela ira sur douter de vos sentiments, douter de son attirance etc) à moyen et long terme, cela aggrave durablement le trouble et la largesse des thèmes va compliquer la rémission du patient.
    Le toqué s'enferme intérieurement sur ses pensées, et avec le temps des nouveaux troubles peuvent s'associer (trouble anxieux généralisé, trouble panique, toc homo ...)

    En conclusion : Tant que le toqué ne se prend pas en main avec un thérapeute compétent qui exerce la thérapie comportementale et cognitive, lui apprend à décortiquer le schéma de ses pensées, à rationnaliser, à accepter les pensées, lâcher prise, s'exposer, s'engager, le toqué augmentera son trouble.
    Bien qu'à un moment celui-ci puisse un peu diminuer du fait de l'habituation à l'objet angoissant (le couple) ou dans le pire des cas, générer des ruptures sentimentales.

    Pourquoi doit-on éviter la réassurance ?

    C'est une forme de compulsion : la recherche de réassurance excessive est un acte qui est effectué encore et encore dans l'espoir de réduire l'angoisse liée à l'obsession.

    Cela donne une validité, une pertinence à l'obsession : chaque fois qu'une personne atteinte d'un trouble obsessionnel se met à compulser, cela induit un renforcement de la pertinence de cette obsession. Après tout, pourquoi rechercher la réassurance puisqu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter.

    Cela entraine l'évitement : cela renforce également l'idée que la personne ne peut pas faire face à l'incertitude et à la détresse associée à l'obsession et du coup, cet évitement devient la seule solution. L'évitement est parfaitement nocif dans le cas des troubles obsessionnels puisqu'il empêche la personne de découvrir que ses craintes sont fondées. Ainsi, même si la réassurance fait que la personne se sent mieux pendant une courte période, à long terme, cela sert uniquement à perpétuer les symptômes du TOC.

    La réassurance est nocive aux relations : Enfin, les proches qui sont une source vitale de soutien social peuvent parfois être agacés ce qui peut les conduire à éviter la personne affectée, ce qui a pour incidence d'élever leur niveau d'angoisse. L'angoisse est un des principaux symptômes des troubles obsessionnels et requiert une thérapie adaptée.

    Voyons quelques exemples

    EXEMPLE 1 : Julie éprouve des obsessions à l'idée d'accrocher quelqu'un en voiture sans s'en rendre compte. Elle demande du coup souvent à son mari de regarder dans le rétroviseur pour être sûre qu'elle n'a pas roulé sur quelqu'un sans le voir. Bien qu'ennuyé, son mari ne voulant pas qu'elle angoisse, regarde dans le rétro lorsque sa femme lui demande et lui dit que tout va bien.

    EXEMPLE 2 : Rahim a des obsessions sexuelles, il a peur de violer quelqu'un. Même si Rahim trouve ses pensées très pénibles et qu'il ne veut pas les avoir, il est convaincu qu'avoir ces pensées signifie qu'il est un violeur. Il demande constamment à son frère s'il pense qu'il est dangereux et s'il a déjà violé quelqu'un. Son frère refuse de discuter de la question ce qui angoisse Rahim.

    EXEMPLE 3 : Aurélie est angoissée de contracter une maladie sexuellement transmissible en manipulant les poignées de porte dans les lieux publics. Après avoir lavé ses mains, elle demande souvent à un ami, voire à un étranger, quand l'angoisse est à son maximum, si ses mains sont propres ou si elle doit s'inquiéter d'attraper une maladie. Même si on lui dit qu'elle n'a pas à angoisser pour ça, elle pose un certain nombre de question de type "Et si...?" ou "même si..." jusqu'à ce qu'elle se sente complètement en confiance par rapport à la propreté de ses mains. Ses amis et sa famille évitent désormais d'aller dans des lieux publics avec elle à cause de ses angoisses.

    EXEMPLE 4 :  Sathia a des obsessions par rapport au fait que son épouse meure dans un accident. Il l'appelle plusieurs fois par jour s'assurer qu'elle soit bien vivante, que tout aille bien et se met en colère si elle ne peut pas lui répondre. Les collègues de sa femme commencent à se rendre compte de la situation vu le nombre d'appels qu'elle reçoit. Elle est préoccupée par rapport à l'impact des angoisses de son mari sur sa carrière.

    Quelle est la meilleure manière de faire face à la recherche de réassurance ?

    - Comprendre que la réassurance est tout simplement une compulsion qui doit être réduite ou éliminée. Cela peut être fait par exemple dans le cadre d'une thérapie comportementale et cognitive seul(e) ou avec sa famille.

    - Il faut être d'accord pour arrêter. Dans le contexte du traitement du trouble, le patient comme ses proches doivent s'accorder pour ne plus demander/fournir une réassurance excessive. Cela peut être difficile pour les membres de la famille qui souvent, ne veulent rien de plus que diminuer le niveau d'anxiété de la personne qu'ils aiment. Quoiqu'il en soit, une fois que les membres de la famille réalisent que la recherche de réassurance est une forme de compulsion, beaucoup sont capables d'arrêter.

    - Cibler les principaux problèmes. Il est souvent très utile pour le patient et ses proches d'identifier un nombre précis de cas de figure où la personne cherche de la réassurance et d'écrire à chaque fois la réponse à cette réassurance ("les mains sont propres, il n'y a pas de maladie" pour reprendre l'exemple 3) sur une "carte repère" que le patient peut avoir sur lui. Chaque fois que la situation l'exige, ils pourront sortir la carte et lire la réponse plutôt que de demander directement aux proches. Même si cela représente toujours une compulsion, cela réduit la détresse et améliore la relation avec les autres.
    Afin de réduire la "recherche de réassurance" directement, le plus efficace serait d'enseigner à nos proches les stratégies du toc pour gérer la quête de certitude.

     

     

    Comment conseiller un obsessionnel en quête de réassurance ?

    La première chose à faire : ne répondez pas à sa question. Si vous répondez "moi aussi je fais souvent l'expérience de cette situation, j'ai souvent ce sentiment" ou "je n'ai jamais vécu cela, je n'ai jamais ressenti ou pensé à cela", voir encore "je pense que c'est normal/anormal de ressentir cela", "je pense que tu l'aimes / que tu devrais rompre", "je pense que le toc ne vient pas de ton traumatisme d'enfance / qu'il vient de ton traumatisme" etc, ces réponses peuvent soit rassurer la personne (mauvais) ou le faire ruminer de plus belle et angoisser.

    1) En répondant par la négative, vous allez générer de fortes angoisses chez l'obsessionnel "ah bon tu crois que je ne l'aime pas? ça m'ennuie que tu dises cela, je suis très angoissée. Tu crois que je devrais rompre? Mais je ne veux pas ! je ne pense qu'à ça maintenant !"

    2) Si vous répondez par la positive : vous nourrissez son toc.
    Le toqué(e) sera satisfait pendant un court moment. La question va revenir l'obséder, et il vous reposera la question, cela peut durer des heures ou des jours et tourner en boucle...Ou bien, il se satisfera de la réponse et reviendra vers vous au moindre problème.
    Cela génèrera par la suite de nouvelles pensées, de nouveaux doutes sur d'autres sujets (par ex le partenaire toquait sur ses sentiments, cela ira sur douter de vos sentiments, douter de son attirance etc) à moyen et long terme, cela aggrave durablement le trouble et la largesse des thèmes va compliquer la rémission du patient.
    Le toqué s'enferme intérieurement sur ses pensées, et avec le temps des nouveaux troubles peuvent s'associer (trouble anxieux généralisé, trouble panique, toc homo ...)

    En conclusion : Tant que le toqué ne se prend pas en main avec un thérapeute compétent qui exerce la thérapie comportementale et cognitive, lui apprend à décortiquer le schéma de ses pensées, à rationnaliser, à accepter les pensées, lâcher prise, s'exposer, s'engager, le toqué augmentera son trouble.
    Bien qu'à un moment celui-ci puisse un peu diminuer du fait de l'habituation à l'objet angoissant (le couple) ou dans le pire des cas, générer des ruptures sentimentales.


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